Spectaculaires concerts sur les rythmes les plus primitifs de Gato Preto et Kokoko!

La nuit d’hier restera parmi celles dont on se souviendra le plus pour cette édition de Pirineos Sur, avec un public complètement en extase et livré aux énergiques performances qu’ont offertes des pléthoriques Gato Preto et Kokoko !

Gato Preto : le son de l’afrofuturisme

Avec le poing levé et avec les écrans crachant des messages révolutionnaires et des plaidoiries contre la violence et le racisme . Le début de Gato Predo pour leur seconde visite à Pirineos Sur (ils y avaient joué en 2014) a démarré avec la même force que leur second disque, « Tempo » : un mixeur de rythmes dans lequel on retrouve des rythmes africains, du kuduro et de l’électronique. Gata Misteriosa s’est montrée être une puissante leader au micro et elle a facilement communiqué son enthousiasme aux centaines de personnes qui s’agglutinaient sur le devant de la scéne des Marchés du Monde.

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Les messages antiautoritaires et pro-féministes continuaient de défiler, pendant que Lee Bass lançait les basses depuis sa table de mixage, que son percussionniste frappait sans compassion son tambour et qu’une imposante danseuse s’appropriait de la scène. Lorsqu’ils ont pris conscience de leur écrasant succès, ils n’ont pas hésité à inviter plusieurs spectateurs à monter sur scène pour danser  à leurs côtés, pour la plus grande joie du public. Leur succès fut tel, qu’après s’être joint au public, ils ont du monter à nouveau sur scène et rejouer un titre. Tout le monde est sorti gagnant.

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Gato Preto symbolisent parfaitement ce que l’on peut appeler le nouvel afro futurisme. Leur dernier disque, « Tempo », est un fascinant mélange d’électronique et de rythmes africains et leur esthétique est tout aussi proche des cultures tribales que de la steampunk. Le groupe, qui s’est formé en Allemagne, est composé du producteur ghanéen Lee Bass (fils d’un musicien expert en funk et soul) et de la chanteuse d’origine mozambicaine Gata Misteriosa.

Kokoko ! : rythme viscéral

Comme des Devos africains sortis d’une usine de montage, les cinq membres de Kokoko ! sont montés la scène de Sallent de Gállego vêtus de combinaisons jaunes et en quelques secondes, ils ont créé une irrésistible tempête de rythmes. Echappant à tout type de conventions, leur concert a totalement penché vers la percussion et les chants tribaux sans pause pour le plus grand plaisir d’un public qui ne comprenait pas ce qui lui tombait dessus ; mais ils en redemandaient encore et encore.

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Avec « Likolo » et « Tongos’a » ils ont obtenu un début spectaculaire, mais ce n’était rien comparé à l’orgie des rythmes organiques et électroniques qui viendraient par la suite. N’utilisant que des instruments créés par eux même (des bouteilles en plastiques et des instruments improbables) et une table de mixage, ils ont signé un autre des concerts les plus remarquables de cette édition de Pirineos Sur. Pure énergie transformée en un véhicule infaillible  pour la danse la plus hédoniste, la plus décomplexée, celle qui fait appel aux instincts les plus basiques de l’être humain. Qu’ils reviennent vite !

Les Kokoko! viennent de la République Démocratique du Congo, un des pays d’Afrique d’où surgissent les musiques les plus surprenantes. Leur son ressemble à celui de leurs compatriotes Konono Nº1, que l’on a pu apprécier il y a deux ans à Pirineos Sur, tout en abordant des concepts plus modernes et alternatifs. Le résultat peut s’écouter sur leurs EPs récemment publiés, « Tokoliana », « Tongos’a » et « Azo Kote », où cohabitent en harmonie le post punk, la musique disco, la psicodelia et la tradition de leurs pays.

Le groupe est né du laboratoire « La belle kinose » à Kinshasa, où beaucoup de jeunes ont créé de la musique librement, et ils sont maintenant de dignes successeurs de Mbongwana Star et Jupiter & Okwess.

Cirque transfrontalier à la tombée du jour

Le cirque était de retour cet après midi dans la Cour des Ecoles de Sallent avec un spectacle collectif formé par des artistes qui participent au programme Chemins Emergents. Il s’agit d’un des programmes impulsés par le projet européen “De Mar a Mar – Pyrénées de Cirque” qui cherche à promouvoir le travail de jeunes artistes émergents des régions frontalières entre la France et l’Espagne.

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Les six numéros que l’on a pu voir aujourd’hui constituaient un panorama complet des disciplines circassiennes aussi bien traditionnelles que contemporaines: jonglerie, équilibristes, trapèze, musique, théâtre et humour. Pour les réaliser, huit jeunes (quatre provenant d’Aragon, deux d’Occitanie et deux de Catalogne) formés dans différentes écoles de cirque en France et en Espagne, voire même dans certains cas une formation autodidacte.

 “Couleur Café”  se termine à nouveau à guichet fermé à Larrés

L’union entre Ablaye Cissoko et Volker Goetze a rempli le Château de Larrés et ainsi, le cycle “couleur Café” est arrivé à son terme avec trois sold outs. Cette offre est née il y a deux ans et elle s’est déjà consolidée comme un des actes qui rencontre le plus de succès à Pirineos Sur.  Le très beau musée de dessin s’est avéré être une fois de plus l’endroit parfait pour héberger une proposition plus intime, de celle qu’il faut savourer  calmement, comme ce fut le cas de ce magnifique duo.

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Les styles des deux musiciens sont aussi différents que leur façon de s’habiller et leurs instruments : costume et trompette pour l’allemand ; tunique griot et kora pour le sénégalais. Toutefois, la communion entre les deux mondes ne pouvait pas être plus fluide. C’est Cissoko qui a pris la représentation sur ses épaules, marquant le rythme et les mélodies à la kora et avec sa voix suave, tandis que Goetze se laissait aller et apportait tout son talent et sa connaissance de la musique jazz.

Ce fut une heure et demie de jolies mélodies qui ont transporté le public vers des contrées de rêve, pendant que Cissoko narrait les récits propres d’un griot de sa culture. Un concert qu’on ne peut savourer qu’à Couleur Café.

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